Jean-Paul RIOPELLE, L'hommage à Rosa Luxemburg, 1992 (détail)[ * ]


Presentation/Présentation


PRESENTATION

With the exception of the first, all of the papers grouped together under the rubric 'Aesthetics and Justice' were were originally presented in the context of a lecture series designed to explore the relations between the notions of aesthetics and justice. Although many would undoubtedly claim that the philosophy of the beautiful has little or no rapport with just conduct and fairness, none of the contributors in fact make this claim. A close examination of these notions indicates that what is fair, what is moral, often depends on individual sensitivities, determined in various ways. In many countries, for example, slavery is not only illegal, it is immoral, but this hasn’t always been the case. One might ask why attitudes towards a social institution such as slavery would change over a period of time or be different in different societies. There are certainly many reasons for such a change, not least of which is that the ownership of individual human beings no longer conforms to the vision that we have of a fair and just society. Slavery no longer constitutes a legitimate belief or attitude as to what is right or fair conduct. It is on this level that strictly moral arguments are insufficient. They do not explain the change in attitude, the change in morals, or say why social norms change. The subsequent question, that is, why people have certain attitudes and opinions concerning justice in society, is complex. In the end it is perhaps unanswerable. However, the belief system that people construct as a society shows certain affinities with the desire for beauty. That is to say that the form of justice prevalent in society conforms as it were to the idea we have of what constitutes a good society, a just society, a society that allows for individual happiness, a society that affords us as individuals the same sort of satisfaction that derives from the contemplation and study of works of beauty.

The lecture series brought together specialists from different fields. Although the first article attempts to “set the stage” as it were, the following articles deal more specifically with the works of a particular “creator”. Christopher Byrne sets Plato’s argument against moral subjectivism in parallel with a similar claim against aesthetic subjectivism. He shows that for Plato goodness, and beauty, belong in a sense to the object considered. Steven Baldner examines the notion of justice in the works of St. Anselm. He adopts an explicitly religious perspective in attempting the difficult reconciliation of the notions of justice and mercy in Anselm. And on the level of artistic creation, Steven Burns considers philosophical influences that helped Wagner conceive of the notion of a work involving poetry, theatre and music, a total work to which all of the arts, as individual parts, would contribute.


PRÉSENTATION

A l'exception du premier, tous les textes regroupés ici sous la rubrique " esthétique et justice " ont fait partie d'une série de conférences qui s'est donné pour objectif de sonder les rapports entre les notions de justice et d'esthétique. Plusieurs diraient sans doute qu'il n'existe aucun rapport entre la philosophie de la beauté, la bonne conduite ou la justice, mais aucun des conférenciers n'adopte cette position. Lorsqu'on examine ces notions de plus près, on découvre que ce qui est juste, ce qui est moral, dépend souvent des sensibilités des particuliers, et que celles-ci sont déterminées de diverses manières. L'esclavage, par exemple, n'est pas seulement illégal, il est en général immoral, mais cela n'a pas toujours été le cas. On se demande pourquoi les attitudes changent au cours des années, et pourquoi elles sont souvent différentes dans différentes sociétés. Il existe maintes raisons pour expliquer ces différences, mais on ne peut faire abstraction du fait que l'idée de posséder des êtres humains à titre de propriété privée n'est plus conforme à l'idée que nous avons d'une société juste. L'esclavage ne représente plus une croyance ou une attitude légitime à l'égard de ce qui est juste en société. Sur ce plan les arguments moraux ne suffisent pas. Ils n'expliquent ni le changement d'attitude ni les différentes mœurs, et ne disent pas pourquoi les normes sociales se muent. Comprendre pourquoi les gens adhèrent à certaines pratiques morales et maintiennent leurs opinions en matière de justice sociale, c'est poser une question à la fois difficile et complexe. Il est peut-être même impossible de répondre à cette question de façon satisfaisante. Cependant, le système de croyances qu'un peuple se construit manifeste certains parallèles avec le désir de beauté qui semble appartenir à tous les peuples à toutes les époques. C'est-à-dire que la forme de justice à l'œuvre dans la société se conforme en quelque sorte aux idées que nous nous faisons d'une belle société, d'une société juste, d'une société qui rend le bonheur possible, d'une société qui nous permet en tant qu'individus de connaître dans la vie le même genre de satisfaction qui découle de la contemplation et de l'étude des œuvres de beauté.

La série de conférences a réuni des spécialistes dans différents domaines. Bien que le premier article se donne pour tâche d'établir le contexte des discussions, les trois articles qui suivent traitent plus particulièrement de l'œuvre d'un seul " créateur ". Cristopher Byrne met en parallèle l'argument de Platon contre le subjectivisme moral et l'argument contre le subjectivisme en esthétique. Il montre que pour Platon le bien et le beau appartiennent en un sens à l'objet. Steven Baldner examine la notion de justice dans l'œuvre de Saint Anselme. Dans une perspective religieuse il essaie d'effectuer la réconciliation difficile des notions de justice et de grâce chez Anselme. Et sur le plan de la création artistique, Steven Burns tient compte des influences qui ont mené Wagner à concevoir l'idée d'une œuvre où la poésie, le théâtre et la musique, tout en restant des formes indépendantes, constitueraient néanmoins des parties d'une œuvre d'ensemble à laquelle ils contribueraient.


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