La route de la Miramichi


Miramichi, samedi 15 juillet

Le voyage fut long et .. sans sommeil. Dans un train de nuit, l'activité ne s'arrête pas vraiment. Nous arrivons enfin à Miramichi avec 2 heures 15 de retard. Ce changement dans l'horaire me laisse moins de temps que prévu pour franchir la centaine de kilomètres entre ici et Doaktown. Une fois les bagages installés, il est environ 13 heures. Il fait très chaud, pas un petit nuage à l'horizon et le soleil cuit la peau. Je n'ai aucune difficulté à trouver mon chemin, mais la route #8, tracée à travers la forêt, ne me laisse pas voir la rivière Miramichi comme je l'espérais. Le parcours est sécuritaire car l'accotement est large. Je roule sur un faux-plat de 90 km parsemé de quelques bonnes côtes, question de me faire la jambe pour les prochaines semaines ..
Aucun point d'ombre le long du chemin; après 2 nuits sans sommeil, la fatigue fait son oeuvre. Les moustiques sont chez eux et me le font savoir sans retenue. Voici Blackville. Quel plaisir; enfin un village où je peux me rafraîchir, utiliser la toilette et surtout apprécier une merveilleuse limonade froide. Il reste encore 35 km pour arriver à destination. Quelques bonnes montées m'arrachent le coeur.
Je retrouve une énergie nouvelle en voyant le nom DOAKTOWN sur un panneau routier. Depuis quelques minutes, des nuages noirs menaçants viennent vers moi. Je n'y échapperai pas, mais cette pluie arrive juste à point pour me rafraîchir.
Exténuée, j'arrive enfin au camping. Je m'installe avec l'aide des maringouins locaux. Le souper de poisson et une bonne tasse de thé font des merveilles. Je termine avec une crème glacée divine et amplement méritée. La douche et la piscine intérieure me font oublier les difficultés du trajet.
Après la chaleur intense du jour la brume apparaît; à cette température plus fraîche, je me sens un peu frileuse et mon drap de polar est un paradis; je glisse dans un sommeil qui durera 13 heures.

Doaktown, dimanche 16 juillet

La rivière Miramichi est réputée mondialement pour la pêche au saumon atlantique et, dans la paisible Doaktown, tout gravite autour de ce sport. Je visite le Musée du saumon atlantique et sa galerie de pêcheurs célèbres.

J'ai le plaisir de pouvoir observer un pêcheur à l'oeuvre. La pêche à la mouche n'est pas seulement un sport, c'est aussi un art. Je suis impressionnée par la précision et la fluidité du geste de celui que je surveille, et je me réjouis de voir ses efforts et sa patience enfin récompensés.


Mon enthousiasme semble amuser Andrea Mitchell, qui travaille au musée durant l'été. Sympathique et souriante, elle m'offre son aide et me donne toutes les explications voulues. Elle m'informe également sur les choses intéressantes à voir aux alentours. Andrea est une personne spontanée et chaleureuse. Son père a pêché un immense saumon hier soir et elle m'invite à partager ce festin avec leur famille ce soir. Je m'empresse d'accepter cette invitation aussi inattendue qu'exceptionnelle.

Monsieur Mitchell se charge personnellement
de la cuisson du saumon. Il l'a
enrobé de farine de maïs et cuit
à la poêle dans un peu d'huile:
c'est un délice qui fond dans la bouche.
Ce plat de roi est accompagné de petites carottes
au beurre, de pommes de terre pilées et d'une bonne salade.

Gourmande, j'en reprends 3 fois !! (Humpf ..)
J'en aurais même rapporté avec moi si cela avait été possible.

La résidence des Mitchell donne directement sur la rivière Miramichi. Nous pouvons savourer les dernières heures de la journée autour d'un feu de camp en surveillant les pêcheurs qui taquinent le saumon.

Je ne suis pas près d'oublier ce repas partagé avec la famille de Roger et Cindy Mitchell; des gens accueillants et généreux qui m'ont tellement bien accueillie chez eux.


Fredericton, lundi 17 juillet et mardi 18 juillet

Ce matin, il pleut légèrement, mais cela ne m'empêche pas de partir. Cette pluie fine durera tout le long du trajet. J'ai 94 km à franchir pour atteindre les limites de Fredericton. Après le village de Boiestown, je découvre qu'il n'y a plus d'accotement mais seulement du sable et gravier. La route est très étroite et achalandée. C'est extrêmement dangereux et je dois me résoudre à descendre de vélo lorsque les pentes sont accentuées car la visibilité est trop mauvaise pour les nombreux camions qui n'ont pas l'espace nécessaire pour m'éviter. C'est un parcours pénible et stressant qui demande une attention de tous les instants; le trajet me semble interminable. Ici, on ne rêve pas en roulant..
J'arrive à Fredericton les nerfs en boule et vidée de toute énergie.
Je téléphone a Mary Brebner
que j'ai "connue" par courrier électronique,
et quelqu'un vient me chercher.

Je rencontre des membres de la famille mais je suis tellement fatiguée que je suis incapable de partager le souper. J'apprécie et accepte l'offre qu'on me fait de coucher à la maison car il y a une alerte météo pour la nuit qui vient et j'aurai la chance de faire sécher mes choses qui ont été sous la pluie depuis la nuit précédente.

Demain, je visiterai la ville
en compagnie de monsieur Brebner.
C'est un cycliste expérimenté
qui connaît a fond l'histoire de sa ville.

Mardi



Assemblée législative
Hotel de ville
Fredericton est la
plus jolie ville du
Nouveau-Brunswick;

Monsieur Brebner me guide
vers les sites intéressants à voir
Cathédrale Christ Church
Résidences, Fredericton
et nous faisons une randonnée agréable
sous un soleil radieux.


Cette belle journée se termine par un souper à la chandelle, agrémenté de musique classique, en compagnie de Monsieur Brebner et Mary. Ils sont des hôtes prévenants et chaleureux et je me sens très bien en leur compagnie. Ils m'ont généreusement ouvert leur confortable demeure et rendu mon séjour à Fredericton inoubliable.



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