| On découvrit en 1686 que le roi Louis XIV souffrait |
| d'une fistule anale, dont l'état était aggravé par les |
| nombreux laxatifs qu'il prenait. On chercha tout |
| d'abord à le guérir par un remède classique. |
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| On procéda comme pour une expérience |
| scientifique: plusieurs patients souffrant du même |
| mal furent envoyés dans diverses stations thermales. |
| Pendant un an, quatre hommes ont dû boire des eaux |
| sulfureuses à la station thermale de Barèges pendant |
| que quatre autres buvaient des eaux salines à la |
| station de Bourbonne-les-Bains. L'expérience |
| s'avéra peu concluante. |
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| Le médecin du roi essaya ensuite un onguent contre |
| les fistules, onguent inventé par un moine qui |
| n'était même pas membre de la corporation. |
| Le mécontentement du médecin fut tempéré par |
| le fait que cet onguent se montra aussi sans effet. |
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| La seule solution était une opération. Charles- |
| François-Félix, le chirurgien royal, n'avait jamais |
| opéré une fistule de sa vie. Tout d'abord, il s'exerça |
| sur des malades des hospices de Paris. Entre temps, |
| on inventa un bistouri d'argent (nommé depuis |
| "bistouri à la royale")-un bistouri est un petit |
| couteau à lame étroite pour pratiquer des incisions, |
| son ancêtre le plus près se trouvant dans les |
| ouvrages de Galien. |
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| Le 18 novembre 1686, à sept heures du matin, |
| l'opération eut lieu dans la chambre du roi à |
| Versailles. Les seuls spectateurs étaient Madame |
| de Maintenon, Louvois, ministre de la Guerre, |
| Le père La Chaise, les médecins Daquin, Fagon |
| et Besnières, ainsi que quatre apothicaires |
| dont le rôle était de maîtriser le patient. |
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| Tout les faits et gestes du chirugien furent |
| consignés par écrit: Félix fit deux incisions au |
| bistouri et huit incisions avec une paire de ciseaux. |
| Le roi ne tressaillit jamais, ni ne proféra un seul |
| mot. Son rythme respiratoire même ne changea |
| pas - selon le compte rendu écrit. On peut |
| toutefois en douter, car le secrétaire devait |
| s'attendre à ce que le roi en prenne connaissance |
| plus tard et ne veuille conserver qu'un témoignage |
| d'héroïsme sublime. |
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| Une heure après l'opération, le roi subit une saignée, |
| peuve évidente de la réaction réelle du roi. |
| Ordinairement, il n'aimait pas se faire saigner, |
| au point qu'il avait même refusé cette procédure |
| quelques années auparavant quand il s'était disloqué |
| une épaule. |
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| Un émissaire spécial fut dépêché auprès du Dauphin |
| qui, selon son habitude, était à la chasse. Le prince |
| héritier se précipita vers le château et pénétra dans la |
| chambre " muet d'émotion ". Dans les églises de |
| Paris, des foules de gens se rassemblèrent pour prier |
| pour la santé du roi. A fontainebleau, un autre |
| messager informa Madame de Montespan qu'elle |
| n'était plus la bienvenue au château de Versailles. |
| Se trouve ainsi infirmée l'histoire selon laquelle |
| elle se serait rendue auprès du roi, et, se trouvant |
| en présence de sa rivale, Madame de Maintenon, |
| qui cousait tranquillement au chevet du roi, |
| se serait retirée en colère dans ses appartements. |
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| Le soir même, Louis insista de tenir un conseil. |
| Le jour suivant, il recevait des ambassadeurs, |
| alors que visiblement il souffrait. Et ses souffrances |
| n'étaient pas près de se terminer. Félix ne voulait pas |
| que les plaies guérissent trop rapidement. Il procéda |
| encore à d'autres opérations les 8, 9 et 10 décembre. |
| Ce n'est que le 11 janvier que roi put effectuer |
| sa première promenade dans le parc de l'Orangerie |
| à Versailles. Le bon peuple présenta ses voeux |
| de rétablissement lors d'un festin public de 236 plats. |
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| Il y eut une suite historique à cette opération. |
| Pendant sa convalescence, Louis visita le cloître |
| de Saint-Cyr. Pour célébrer la visite du roi, les |
| religieuses firent composerr une cantate intitulée |
| " Dieu sauve le roi ", composée spécialement |
| pour l'occasion. Dans l'assistance se trouvait un |
| spectateur anglais. Il aima tant les paroles et la |
| musique de cette cantate qu'il les prit en note. |
| De retour en Angleterre, il traduisit le texte, |
| qui est connu depuis sous le titre de " God Save |
the King... "
Mais l'histoire ne s'arrête pas là.
Selon un de nos lecteurs,ce
récit ne serait en fait qu'une invention due aux faux
"souvenirs" de la marquise de Créquy, publiés
au 19e siècle. Vous trouverez toute l'information
utile en suivant ce lien, en anglais.
| http://en.wikipedia.org/wiki/God_Save_the_King |
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