NE RÉVEILLEZ PAS LE CHAT QUI DORT

La mise en scène:   Une famille, les Bouchard, consistant en un homme et une femme, viennent de déménager de Paris dans une petite ville. La femme aime bien la ville, mais pas le mari. Pour lui, c'est le bouquet! Ça le fait râler de se retrouver dans un trou perdu.

La veille, la femme a rencontré une de ses voisines, qui s'appelle Béatrice. Elle fait la connaissance de Béatrice et elle se confie à Béatrice qu'elle est très contente de vivre ici, mais que son mari déteste le village et qu'il préfère habiter Paris.

La femme a supplié Béatrice de ne pas parler à son mari de leur conversation, et Béatrice l'a promis.

Nous sommes maintenant le lendemain, et quand Béatrice est à l'extérieur de sa maison, elle aperçoit monsieur Bouchard dans la rue. Vous allez assister à leur première conversation.

Personnages: Carole: monsieur Bouchard;  Susan: Béatrice; 

Béatrice: (avec le sourire) Ah, monsieur, vous êtes monsieur Bouchard, n'est-ce pas? J'ai rencontré votre femme hier soir. enchanté de vous connaître. Je suis votre voisine, Béatrice Marchand.
M. Bouchard: (avec de la tristesse dans la voix)Ah oui. J'avais les jambes en coton quand j'ai vu la petitesse de ce village. Moi, je suis un homme d'affaires important et bien éduqué. Pendant la fin de semaine, j'ai l'habitude de visiter les musées d'art et de dîner dans des restaurants avec beaucoup de "chiquitude"(voir note)*. Mais qu'est-ce que l'on peut faire ici? Je ne vois rien qui m'intéresse!
Béatrice: (d'un air compatissant) Ah oui, bien sûr. Je comprends que votre sang n'a fait qu'un tour quand vous avez vu notre village.Mais si vous me le permettez, je suis prête à vous aider. Peut-être que je pourrai vous montrer des choses intéressantes ici.
M. Bouchard: (un peu sceptique) Par exemple quoi, s'il vous plaît?
Béatrice: (très fière d'elle-même) Par exemple, dans la ville d'à côté, il y a un musée des blés de la région agricole.
M. Bouchard: (d'un air supérieur) Merci, madame, mais je suis de Paris, et je ne m'intéresse pas du tout à la vie agricole. Mes intérêts, c'est la vie culturelle et intellectuelle...
Béatrice: ( elle se fâche un peu) Donc, peut-être, vous pourriez visiter notre café du coin où vous trouverez des fermiers qui parlent des vaches!
M. Bouchard: (fâché lui aussi) Vraiment, madame, vous vous moquez de moi!

Béatrice: (d'un air philosophique) Mais non, monsieur, je suis sage comme une image. Je pense que vous profiterez de la philosophie: à Rome, il faut vivre comme les Romains.
M. Bouchard: (les deux se regardent en chiens de faïence) Ah, voilà. C'est le problème. Je voudrais être à Rome ou à Paris, là où la vie est civilisée, mais pas ici. Vraiment, madame, nous parlons à bâtons rompus. Je vous remercie de vos efforts, mais moi, je vais aller chez moi pour passer du temps avec Racine et Molière!

*Note: Le mot "chiquitude" n'existe pas dans la langue française. Il a été inventé par notre professeur pour désigner les différents niveaux de "chic" quand on parle français.

Carole Dempsey, Susan Robertshaw
Elderhostel, Juillet 2007