Il n’y a plus de place à l’école
Résumé :
En 1920, les enfants n’ont pas toujours une place dans l’école de leur quartier.
Références :
COPP, Terry, Classe ouvrière et pauvreté. Les conditions de vie des travailleurs montréalais (1897-1929), Montréal, Boréal, Express, 1978, 213 pages.
Le Nouvelliste, 1920-1930.
Auteur :
Pierre Girard
Lorsque septembre arrive, tu regrettes la fin des vacances. Il faut retourner à l’école. Tu t’imagines toutes sortes de trucs pour ne pas y aller. Pourtant, au Québec, vers 1920-1930, les enfants doivent parfois retourner chez eux parce qu’il n’y a pas de place dans les classes. « Les chanceux ! », penses-tu ? Peut-être pas tant que ça !
Durant ces années-là, beaucoup d’agriculteurs québécois quittaient la campagne pour aller travailler dans les usines de la ville. Des familles entières arrivent ainsi en ville et il y a rapidement un grand nombre de nouveaux enfants d’âge scolaire.
Personne n’avait prévu qu’il y aurait autant d’enfants dans les villes. Les écoles de quartier sont trop petites. On manque de professeurs. Même si l’école primaire est gratuite, les places sont limitées.
En 1920, les gouvernements ne donnent pas beaucoup d’argent pour l’éducation. Ce sont surtout les communautés religieuses qui s’occupent de l’enseignement et de l’administration des écoles. Souvent, elles n’ont pas assez d’argent pour agrandir les écoles ou en faire construire dans les nouveaux quartiers.
Imagine les parents et les enfants qui se rendent en foule aux portes des écoles, la journée de la rentrée. Les premiers arrivés sont les seuls à avoir une place. Les autres doivent tenter leur chance dans une autre école, plus loin de leur résidence, ou attendre l’année suivante.
Quelquefois, les années passent et, sans avoir été à l’école, les jeunes adolescents commencent à travailler. De toute façon, la plupart des enfants ne vont à l’école que deux ou trois ans, le temps d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Et les écoles secondaires sont peu nombreuses. Très souvent, il n’y en a que dans les grandes villes. Les écoles de métiers sont très rares et elles ne sont pas gratuites.
Les années passent. En 1943, le gouvernement vote une loi qui rend l’école obligatoire jusqu’à 14 ans. On construit alors beaucoup de nouvelles écoles. En 1962, tout adolescent est obligé d’aller à l’école jusqu’à 15 ans. Depuis juillet 1989, tout étudiant est obligé de terminer l’année scolaire qu’il a commencée avant d’avoir 16 ans.
Aujourd’hui,
tous peuvent aller très longtemps à l’école. Il y a quelques années, on a
même dû fermer beaucoup d’écoles primaires dans les grandes villes, car il
n’y avait plus assez d’enfants dans certains quartiers.