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Le grand incendie de Trois-Rivières

Résumé :

L’incendie de 1908 a détruit tout le quartier commercial de Trois-Rivières.

Références :

AUDET, Mario et Réjean HOULD, Les grands incendies aux Trois-Rivières, Cahiers historiques, Trois-Rivières, 1982.

À travers le pays, ce qu’on dit de Trois-Rivières, dans Le Nouvelliste de Trois-Rivières, 17 juillet 1908.

NOREAU, Roger, Trois-Rivières flambe, dans Le Nouvelliste Plus, 25 juin 1988.

Auteure :

Micheline Champoux



Sur internet, dans le moteur de recherche Google, faire les mots-clés "incendie de Trois-Rivières", "Léo-Ernest Ouimet" (avec les guillemets) pour trouver des documents intéressants sur le grand incendie de Trois-Rivières en 1908. La notice biographique du premier distributeur-réalisateur-producteur de films québécois Léo-Ernest Ouimet (1877-1972) fait état du film réalisé par Ouimet sur l'incendie de Trois-Rivières en 1908. Voir aussi l'ouvrage de Lyne Laverdière Vents rouges, Trois-Rivières 1908, Éditions Le Sabord, 2003, ISBN: 2922685292, qui relate le grand incendie de Trois-Rivères.
 

Le 22 juin 1908, à Trois-Rivières, un incendie a détruit toute la partie de la ville située entre les rues du Fleuve, Bonaventure, Champlain, et Saint-Georges. Plus de 200 résidences et presque tous les commerces de la ville ont été complètement rasés par les flammes. En tout, 800 bâtiments, y compris hangars et entrepôts, ont brûlé.

Selon l’histoire, ce sont deux enfants qui, par mégarde, ont allumé le feu : l’un des enfants aurait lancé involontairement son ballon dans une grange contenant du foin. Les enfants ont cherché leur ballon mais il faisait très sombre dans la grange. Ils se seraient alors servis d’allumettes pour y voir plus clair. Très rapidement, toute la petite grange était en feu. Il était environ midi. Peu après, le chef de police, le sous-chef et neuf pompiers arrivaient dans la rue Saint-Georges avec trois chariots pour boyaux d’arrosage et trois échelles.

Les pompiers s’aperçurent très vite qu’ils ne pourraient pas contrôler l’incendie car le feu avait déjà embrasé plusieurs maisons et hangars. Ce jour-là, un vent violent soufflait dans la direction sud-ouest. Les pompiers arrosaient le feu, mais la pression de l’eau n’était pas assez forte. Après 15 minutes, les pompiers ont dû reculer : le feu s’étendait sur les quatre côtés.

Dix minutes plus tard, une dizaine de maison flambaient. En moins de deux heures, tout le quartier était en feu. Le maire de Trois-Rivières a téléphoné aux pompiers de Shawinigan, de Grand-Mère, et même de Montréal.

Il est venu neuf hommes de Montréal, huit de Shawinigan, tandis que Grand-Mère a envoyé sa pompe à vapeur par le train. Entre temps, tous les hommes de Trois-Rivières essayaient de sauver les biens des gens dont la résidence était en danger.

Les charretiers remplissaient leur voiture de meubles et de vêtements. D’autres, avec des haches, s’empressaient de démolir de vieux hangars pour essayer de couper le chemin au feu. Des centaines de personnes arrosaient les toits de bardeaux de cèdre et les murs des maisons en bois, car le vent transportait les flammes un peu partout sur les toits.

Les personnes qui avaient perdu leur maison ou leur commerce ont été accueillies au Manège militaire. Des tentes ont été dressées dans le parc Champlain, en face de la cathédrale, afin que les marchands vendent les marchandises sauvées du feu.

L’incendie a duré trois jours. Les plus gros hôtels de la ville ont été détruits ; des banques et des industries aussi. Le Trifluvien, le seul journal de Trois-Rivières à l’époque, a perdu son imprimerie. Le Marché aux denrées de la rue Des Forges, le principal marché d’alimentation de la population trifluvienne, n’existait plus.

Depuis longtemps, la ville de Trois-Rivières négligeait d’améliorer son équipement d’incendie ainsi que son système d’eau et borne-fontaine. En juin 1908, les Trifluviens ont payé très cher cette négligence des autorités municipales. Et longtemps après, les gens ont pensé que si Trois-Rivières avait eu de meilleures pompes, peut-être que seule la petite grange aurait brûlé.