Tangence
Collection Confluences

Pour commander un titre de la collection Confluences, écrire à tangence@uqar.ca.

Dominique Rabaté
Désirs de disparaître. Une traversée du roman français contemporain
Présentation de Mathilde Barraband
Université du Québec à Rimouski / Université du Québec à Trois-Rivières, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2015 (ISBN : 978-2-9815100-1-3)
12$

Page couverture

« Qui dira la joie qu'on éprouve à disparaître, à faire faux bond, à se soustraire, à tout laisser derrière soi, et à se fondre dans le paysage ? » Ces lignes de Christian Garcin dans Selon Vincent disent bien la force d'attraction impérieuse et romanesque d'un désir de disparaître. Ce fantasme alimente une veine importante de la fiction française contemporaine, chez Carrère, Echenoz, Modiano, NDiaye, Quignard, Perec ou Puech, dont il faut décrire les modalités contradictoires et variées. Pris entre l'effroi de rester ou de devenir invisible et l'envie de se soustraire à la tyrannie actuelle de la visibilité, les héros de ces œuvres font l'épreuve imaginaire d'une ambivalence. La fiction propose un lieu paradoxal de résistance face à la normalisation sociale, aux dispositifs toujours grandissants de contrôle et d'assignation, une façon de déserter qui puisse exprimer la force encore vitale d'une sécession individuelle. Contre une folie de la trace qui grève le présent par le sentiment de sa mémorisation anticipée, le désir de disparaître repose sur l'effacement, l'oubli. Un acte pur, sans archive ? On se doute que la réponse sera plus ambiguë.

Dominique Rabaté, essayiste et critique, est professeur de littérature française à l'Université Diderot-Paris 7. Membre senior de l'Institut universitaire de France, il dirige la collection « Modernités » aux Presses universitaires de Bordeaux, ainsi que deux collections chez Classiques Garnier. Il a écrit de nombreux livres : sur des Forêts, Quignard, NDiaye, sur le roman et le récit au XXe siècle, ou sur le sujet lyrique. Ses derniers titres parus sont Le Roman et le Sens de la vie et Gestes lyriques, chez Corti en 2010 et 2013, ainsi que le Cahier de l'Herne Blanchot, co-dirigé avec Éric Hoppenot, en 2014.

***

Nathalie Piégay-Gros
Le futur antérieur de l'archive
Présentation de Jacinthe Martel
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2012, 71 p. (ISBN : 978-2-9809561-7-1)
12$

Page couverture

Les archives occupent une place importante aujourd'hui dans la création littéraire et artistique. Ce ne sont pas ici les méthodes génétiques qui intéressent Nathalie Piégay-Gros, mais la manière dont les écrivains investissent les documents d'archive, les exposent dans la fiction, fabriquent des documents apocryphes. Parce qu'elle semble contenir un secret, l'archive peut être un objet romanesque, quel que soit son aspect poussiéreux, fragile. C'est en effet souvent par sa négativité que se caractérise l'archive à notre époque, alors même que nous sommes passés d'un paradigme de la rareté à celui de l'accumulation. Alors que tout semble pouvoir être archivé et conservé, l'archive ne cesse de manquer, d'indiquer ce qui, en elle, se dérobe. C'est que le présent est non seulement hanté par le passé mais plus encore par les modifications profondes de la mémoire. Le passé semble immédiatement et constamment disponible, si bien que le présent se projette avec inquiétude dans l'image de ce qu'il aura été. C'est ce futur antérieur de l'archive que Nathalie Piégay-Gros envisage avec Claude Simon, Robert Pinget, Pierre Michon, Christian Boltanski et quelques autres.

Nathalie Piégay-Gros, ancienne élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, est agrégée de lettres modernes et professeur des universités. Elle enseigne la littérature française du XXe siècle à l'Université Paris Diderot où elle dirige le Centre d'Études et de Recherches Interdisciplinaires de l'UFR Lettres, Arts, Cinéma (CERILAC). Elle a travaillé sur le roman et le romanesque du XXe siècle, sur le surréalisme et sur les œuvres de Louis Aragon, Claude Simon et Robert Pinget, en particulier. Elle a publié, outre des articles sur ces auteurs et ces questions, Aragon et la chanson (2007), L'érudition imaginaire (2009), Robert Pinget. Matériau, marges, écriture (avec Martin Mégevand, 2011). Elle a édité La semaine sainte d'Aragon (Bibliothèque de la Pléiade, 2008) et Mahu reparle de Robert Pinget (avec Martin Mégevand, 2009).

***

Maryse Souchard
Les études culturelles. Pour quoi faire ?
Présentation de Marty Laforest
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2010, 71 p. (ISBN : 978-2-9809561-6-4)
12$

Page couverture

À quoi servent les études culturelles ? À quelles disciplines   À quels objets ? De quelle théorie relèvent-elles ? Sont-elles une théorie ? Une approche ? Une méthode ? Quels peuvent être leurs outils ? À partir des travaux de Raymond Williams et de Terry Eagleton, qui constituent une référence majeure dans le domaine des études culturelles en Angleterre, Maryse Souchard propose de répondre à ces questions en suggérant les pistes de réflexion que lui inspirent ses propres recherches. Il en résulte une compréhension, nouvelle en français, des enjeux propres aux études culturelles. Revenir sur l'histoire récente des études culturelles, en présenter les fondements, en expliquer la portée et l'intérêt pour les sciences humaines et sociales, tel est ici le projet. Ce programme de travail respecte celui des études culturelles : positionnement institutionnel, histoire de la démarche, ancrage théorique et méthodologique, pratiques et actions. À partir de l'analyse des discours sociaux sur les innovations scientifiques et techniques, Maryse Souchard montre toute l'actualité des études culturelles, bien au-delà des objets populaires auxquels celles-ci sont trop souvent cantonnées.

Maryse Souchard est maître de conférences en Sciences de l'information et de la communication à l'Université de Nantes / Institut universitaire de technologie de La Roche-sur-Yon (France). Elle a enseigné en France, au Manitoba (Université du Manitoba) et au Québec (Université de Montréal, Université Laval). Elle a travaillé à Oxford avec Terry Eagleton, dont elle a traduit en français Literary Theory. An Introduction. Ses recherches portent sur l'analyse des discours politiques (discours de l'extrême-droite française), l'histoire de la culture (le théâtre français au XXe siècle), les pratiques culturelles (le rap et le hip-hop) et la théorie des études culturelles. Chercheuse et citoyenne engagée, Maryse Souchard est aussi conseillère municipale à La Roche-sur-Yon.

***

Jean-Marie Schaeffer
Théorie des signaux coûteux, esthétique et art
Présentation de Suzanne Foisy
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2009, 59 p. (ISBN : 978-2-9809561-5-7)
ÉPUISÉ

Page couverture

Dans le débat sur les critères esthétiques, Jean-Marie Schaeffer revendique, comme certains philosophes des Lumières, l'importance des plaisirs et de la subjectivité sensible. En fonction d'une critique de l'esthétique kantienne, qui lui permet de préciser la dimension cognitive du jugement de goût et le caractère anthropologique de la conduite esthétique, il propose de recourir à la théorie des signaux coûteux.

Mais, tandis que ces disciplines défendent une identité fonctionnelle entre l'art et la signalisation coûteuse dans les rituels sexuels des oiseaux-berceaux, Schaeffer propose, pour sa part, une homologie structurelle entre les deux. Sur cette base, cette étude entend montrer que, s'il existe une spécificité de la relation esthétique humaine, on ne saurait en illuminer le sens en séparant sciences cognitives et esthétique philosophique.

En poursuivant une réflexion récente, Schaeffer scrute ici les rituels au sein du monde animal pour les rapporter à ses préoccupations esthétiques. La réévaluation qu'il suggère à propos de la théorie des signaux coûteux permet d'en rehausser la valeur heuristique.

Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directeur du Centre de recherches sur les arts et le langage (EHESS/CNRS), Jean-Marie Schaeffer est l'auteur de nombreux ouvrages où s'affirme la critique de la philosophie de l'art comme discours fondateur. Il a fait paraître, entre autres, L'art de l'âge moderne. L'esthétique et la philosophie de l'art du XVIIIe siècle à nos jours (1992), Les célibataires de l'art. Pour une esthétique sans mythes (1996), Pourquoi la fiction ? (1999), Adieu à l'esthétique (2000) et La fin de l'exception humaine (2007).

***

Mireille Huchon
Le français au temps de Jacques Cartier
Nouvelle édition augmentée du fac-similé intégral du Brief recit (1545) de Jacques Cartier
Présentation de Claude La Charité
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2009, 186 p. (ISBN : 978-2-9809561-2-6)
20$

Page couverture

Les dates du voyage où Cartier découvre la « Baye sainct Laurens » (1535) et de la relation qui en est publiée (1545) coïncident avec une période particulièrement faste dans l'histoire du français.

Mireille Huchon évoque l'état de la langue française au moment où l'Ancien Monde découvre le Nouveau, en prenant pour guide le Brief recit, et succincte narration de la navigation faicte es ysles de Canada (reproduit ici intégralement en fac-similé), témoignage de la langue d'échange à une époque qui est un véritable âge d'or du français qui s'affirme comme langue d'État, comme langue digne de codification à l'instar des langues anciennes, comme langue aux prétentions littéraires.

Ce récit offre une exceptionnelle mise en scène de la confrontation et de la communication du français et de la langue indigène, son lexique français/amérindien prenant place dans Le Thresor de l'histoire des langues de cest univers (1613) de Claude Duret, parmi plus de cinquante langues, mais, comme cette étude le montre, une place singulièrement usurpée.

En plus d'avoir publié les Œuvres complètes de Rabelais dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1994, Mireille Huchon, professeure à l'Université de Paris IV-Sorbonne et vice-présidente de la Société d'histoire littéraire de la France, est l'auteur de Rabelais grammairien (1981), du Français de la Renaissance (1988), d'une Histoire de la langue française (2002) et de Louise Labé, une créature de papier (2006).

***

Michel Delon
Sciences de la nature et connaissance de soi au siècle des Lumières
Présentation de Marc André Bernier
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2008, 101 p. (ISBN : 978-2-9809561-1-9)
12$

Page couverture

Le second titre de la nouvelle collection Confluences de Tangence éditeur vient de paraître : il s'agit de Sciences de la nature et connaissance de soi au siècle des Lumières de Michel Delon.

Quel rapport la vie quotidienne peut-elle entretenir avec les sciences de la nature ? Doit-on concevoir les sciences comme une théorie pure ou comme un savoir engagé ? Longtemps, la séparation a semblé consommée entre savoir abstrait et connaissance de soi, jusqu'à l'aube de cet âge des Lumières qui parie sur une réconciliation possible. Le XVIIIe siècle se définit même par un tel espoir, par l'optimisme d'un savoir qui n'empêche pas de vivre, mais qui au contraire ouvre les possibles de l'existence. Le parcours que propose Michel Delon montre en quoi les sciences de la nature permettent aux fictions qu'inventent les Lumières de dire la singularité d'une expérience ou d'une émotion. Cette rencontre entre attitude intellectuelle et conduite sensuelle, anatomie du coeur et sciences de la nature est toujours à réinventer pour exorciser à la fois une raison appauvrie en simple technique et une spiritualité qui se prétendrait affranchie de toute raison.

L'étude est précédée d'une introduction dans laquelle Marc André Bernier met en perspective l'importance des travaux de Michel Delon dans notre compréhension du siècle des Lumières. L'ouvrage comprend en outre la bibliographie exhaustive des travaux de recherche de l'auteur.

***

Mireille Huchon
Le français au temps de Jacques Cartier
Présentation de Claude La Charité
Rimouski, Tangence éditeur, coll. « Confluences », 2006, 93 p. (ISBN : 2-9809561-0-04)
ÉPUISÉ

Page couverture

Le tout premier titre de la nouvelle collection Confluences de Tangence éditeur vient de paraître : il s'agit du Français au temps de Jacques Cartier de Mireille Huchon.

Cette nouvelle collection de la revue Tangence publie les conférences des chercheurs de premier plan accueillis par la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire de l'Université du Québec à Rimouski et la Chaire de recherche du Canada en rhétorique de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a pour ambition de réfléchir à la littérature comme lieu de convergence des savoirs et de renouer avec sa vocation encyclopédique, la ronde des muses, ou mouséion, chère à Guillaume Budé.

Les dates du voyage où Cartier découvre la « Baye sainct Laurent » (1535) et de la relation qui en est publiée (1545) coïncident avec une période particulièrement faste dans l'histoire du français. Dans ce livre, Mireille Huchon évoque l'état de la langue française au moment où l'Ancien Monde découvre le Nouveau, en prenant pour guide le Brief recit, et succincte narration de la navigation faicte es ysles de Canada, témoignage de la langue d'échange à une époque qui est un véritable âge d'or du français qui s'affirme comme langue d'État, comme langue digne de codification à l'instar des langues anciennes, comme langue aux prétentions littéraires.

Ce récit offre une exceptionnelle mise en scène de la confrontation et de la communication du français et de la langue indigène, son lexique français/amérindien prenant place dans Le Thresor de l'histoire des langues de cest univers (1613) de Claude Duret, parmi plus de cinquante langues, mais comme cette étude le montre, une place singulièrement usurpée.

L'étude de Mireille Huchon est précédée d'une introduction dans laquelle Claude La Charité met en perspective l'importance de Cartier comme figure inaugurale de notre civilisation, de même que les rapports entre le français de la Renaissance et le français québécois. L'ouvrage comprend enfin la bibliographie exhaustive des travaux de Mireille Huchon.


Copyright © 2004-2017 Revue Tangence. Tous droits réservés.