LES ASYMÉTRIES DE HAUTEUR DES MEMBRES INFÉRIEURS :
ANALYSE BIOMÉCANIQUE D'UNE TÂCHE DYNAMIQUE
PAR : DANIK LAFOND
03-2212281


RÉSUMÉ


Les asymétries de hauteur des membres inférieures (AHMI) constituent un facteur étiologique d'un mauvais alignement postural amplement discuté dans la littérature.  La musculature s'adaptant à une mauvaise posture, le concept d'adaptation myogénique de Kendall et al. (1995) nous permettait d'émettre l'hypothèse que les AHMI puissent provoquer un déséquilibre des forces musculaires.  Le premier objectif de cette étude était donc d'évaluer la présence d'un déséquilibre des forces musculaires chez les sujets avec une AHMI.
 

La relation entre les AHMI et certains problèmes musculo-squelettiques, dont les maux de dos, ne fait pas consensus dans la littérature.  Afin d'apporter plus d'évidence à cette relation, quelques études ont étudié le comportement des paramètres cinétiques et cinématiques en présence d'AHMI réelles ou à la suite de l'insertion d'une talonnette.  Entre autres, des études ont calculé un index d'asymétrie reflétant un déséquilibre des paramètres cinétiques ou cinématiques entre la jambe courte et la jambe longue lors de la marche (Liu, Fabry, Molenaers, Lammens et Moens, 1998; Kaufman, Miller et Sutherland, 1996).  À notre connaissance, aucune étude n'a évalué l'effet des AHMI sur les paramètres cinétiques et cinématiques lors de tâches dynamiques sollicitant la musculature pelvienne. Ainsi, le second objectif était d'identifer les paramètres cinétiques et cinématiques modifiés par la présence d'une AHMI lors d'une tâche incluant des mouvements de flexion et d'extension de la hanche et des membres inférieurs.  Les mesures étaient prises chez un groupe de sujets sains sans AHMI et chez un groupe de sujets avec AHMI supérieures à 10 millimètres.
 

La force des muscles de la ceinture pelvienne (psoas iliaque, tenseur du fascia lata, moyen fessier, petit fessier et biceps fémoris) était évaluée par dynamométrie manuelle.  Notre méthode d'évaluation de la force musculaire maximale isométrique comporte une erreur de mesure comparable aux données disponibles dans la littérature.  En considérant l'erreur de mesure, nous observons que l'équilibre de la force des muscles de la ceinture pelvienne n'est pas modifié par la présence d'une AHMI.  Cependant, les sujets avec AHMI ont une tendance à démontrer un écart de force musculaire supérieure à 10% plus fréquemment que les sujets sans AHMI.  Cette tendance suggère une adaptation myogénique de la musculature pelvienne chez les sujets avec AHMI.
 

Les résultats issus des données cinématiques et cinétiques ne démontrent aucune différence significative entre les sujets sains et les sujets avec AHMI.  De plus, nous n'avons pas obtenu de relation entre l'amplitude de l'AHMI et les mesures cinétiques ou cinématiques.  Cependant, les sujets de cette étude n'étaient pas symptomatiques et possiblement bien adaptés aux AHMI.
 

25 août 2000