RÉSUMÉ
Les asymétries de hauteur des membres inférieures
(AHMI) constituent un facteur étiologique d'un mauvais alignement postural
amplement discuté dans la littérature. La musculature s'adaptant
à une mauvaise posture, le concept d'adaptation myogénique de Kendall et
al. (1995) nous permettait d'émettre l'hypothèse que les AHMI puissent
provoquer un déséquilibre des forces musculaires. Le premier objectif
de cette étude était donc d'évaluer la présence d'un déséquilibre des forces
musculaires chez les sujets avec une AHMI.
La relation entre les AHMI et certains problèmes
musculo-squelettiques, dont les maux de dos, ne fait pas consensus dans
la littérature. Afin d'apporter plus d'évidence à cette relation,
quelques études ont étudié le comportement des paramètres cinétiques et
cinématiques en présence d'AHMI réelles ou à la suite de l'insertion d'une
talonnette. Entre autres, des études ont calculé un index d'asymétrie
reflétant un déséquilibre des paramètres cinétiques ou cinématiques entre
la jambe courte et la jambe longue lors de la marche (Liu, Fabry, Molenaers,
Lammens et Moens, 1998; Kaufman, Miller et Sutherland, 1996). À notre
connaissance, aucune étude n'a évalué l'effet des AHMI sur les paramètres
cinétiques et cinématiques lors de tâches dynamiques sollicitant la musculature
pelvienne. Ainsi, le second objectif était d'identifer les paramètres cinétiques
et cinématiques modifiés par la présence d'une AHMI lors d'une tâche incluant
des mouvements de flexion et d'extension de la hanche et des membres inférieurs.
Les mesures étaient prises chez un groupe de sujets sains sans AHMI et
chez un groupe de sujets avec AHMI supérieures à 10 millimètres.
La force des muscles de la ceinture pelvienne
(psoas iliaque, tenseur du fascia lata, moyen fessier, petit fessier et
biceps fémoris) était évaluée par dynamométrie manuelle. Notre méthode
d'évaluation de la force musculaire maximale isométrique comporte une erreur
de mesure comparable aux données disponibles dans la littérature.
En considérant l'erreur de mesure, nous observons que l'équilibre de la
force des muscles de la ceinture pelvienne n'est pas modifié par la présence
d'une AHMI. Cependant, les sujets avec AHMI ont une tendance à démontrer
un écart de force musculaire supérieure à 10% plus fréquemment que les
sujets sans AHMI. Cette tendance suggère une adaptation myogénique
de la musculature pelvienne chez les sujets avec AHMI.
Les résultats issus des données cinématiques et
cinétiques ne démontrent aucune différence significative entre les sujets
sains et les sujets avec AHMI. De plus, nous n'avons pas obtenu de
relation entre l'amplitude de l'AHMI et les mesures cinétiques ou cinématiques.
Cependant, les sujets de cette étude n'étaient pas symptomatiques et possiblement
bien adaptés aux AHMI.
25 août 2000