Dans le contexte de concurrence accrue provoquée par la mondialisation des marchés, l'exportation est en passe de devenir un facteur de développement et de survie à long terme pour bon nombre de PME. Afin de saisir cette opportunité, plusieurs PME réorganisent leurs exportations en repensant notamment l'aspect logistique de ces dernières.
Ce travail porte sur les alliances logistiques à l'exportation chez les PME manufacturières québécoises. La recherche présentée dans ces pages vise principalement deux objectifs. Étant donné l'aspect exploratoire de cette recherche, le premier objectif vise l'amélioration de la compréhension du fonctionnement même des alliances logistiques à l'exportation chez les PME manufacturières québécoises. Le second objectif porte sur les effets de ces alliances logistiques à l'exportation sur le processus logistique à l'exportation de la PME manufacturière québécoise.
Une série d'enquêtes prenant forme d'entrevues personnelles semi-structurées ont permis d'amasser les informations nécessaires à notre analyse auprès d'un échantillon non-probabiliste de dix PME manufacturières québécoises. Toutes ces enquêtes ont été effectuées auprès de propriétaires-dirigeants des dix PME, dans les locaux de ces dernières et à l'intérieur d'une période d'un peu plus de trois mois (du 5 novembre 1997 au 18 février 1998).
Les analyses relatives au fonctionnement des alliances nous ont permis d'observer une grande variation et une grande richesse au niveau de la structure des alliances ainsi qu'au niveau de la répartition des rôles et responsabilités entre les alliés.
Au niveau structurel, les PME de notre échantillon se s’sont alliées horizontalement avec des PME et des grandes entreprises concurrentes ou dont les produits sont des substituts directs. Les PME se sont aussi alliés verticalement avec divers sous-traitants manufacturiers ou prestataires de services logistiques. De plus, sans que nous nous y attendions, certaines alliances, ne pouvant être caractérisées par une intégration verticale ou horizontale, ont regroupé des entreprises sur la base de la complémentarité de leurs produits. Les cas étudiés nous ont aussi révélé des alliances regroupant deux entreprises (alliances bilatérales) ou plusieurs entreprises (alliances bilatérales), ainsi que des alliances symétriques et asymétriques relativement aux positions concurrentielles et aux tailles organisationnelles respectives des alliés.
À un niveau plus formel de la structure des alliances, notre échantillon ne révèle que trois cas coentreprises ainsi qu'un seul cas de consortium, ce qui constitue un nombre relativement faible de cas d'alliances impliquant une participation à la propriété ainsi que la création d'une nouvelle entreprise.
Les analyses que nous avons conduites relativement à la répartition des rôles et responsabilités entre les alliés nous ont permis de valider nos deux premières propositions de recherche ainsi que de dégager cinq grandes stratégies d'alliances. Tout d'abord, Il apparaît que les rôles et responsabilités se répartissent de manière à profiter des compétences distinctives des alliés (P1), ce qui permet par la même occasion à la PME de se recentrer sur ses activités les plus créatrices de valeur au niveau de sa chaîne logistique à l'exportation (P2). Pour ce faire, les PME ont, de manière non-exclusive, construites leurs alliances autour de stratégies d'économies d'échelle, d'accès à un réseau de distributeurs, d'accès à des prestations spécialisées de transport, d'accès à un allié autochtone ainsi que de production sur les marchés d'exportation.
Finalement, les analyses que nous avons conduites relativement aux effets des alliances nous ont aussi permis de valider nos quatre dernières propositions de recherche. Ainsi, pour les PME manufacturières exportatrices de notre échantillon, ces alliances logistiques ont permis un accès à des expertises pertinentes à l'exportation (P3) et facilité les exportations vers des destinations psychologiquement moins proches (P4). Alors que pour ce qui est de la performance logistique, les alliances logistiques à l'exportation que nous avons étudiées ont permis aux PME de notre échantillon d'améliorer leur niveau de service à l'exportation (efficacité logistique) (P5) et de diminuer les coûts logistiques associés à leurs exportations (efficience logistique) (P6).